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Situé au bas des pentes de la colline de Fourvière, le Vieux-Lyon s’étend le long de la Saône, entre l’église Saint-Georges au sud et l’église Saint-Paul au nord. Des activités portuaires et artisanales s’y développent dès l’époque romaine.
Pendant le Moyen-Age et la Renaissance, l’urbanisation s’intensifie. Le quartier est très étroit et la population s’accroit. Pour gagner de la place dans le bati, une seule montée d’escalier dessert deux immeubles. Comment l’atteindre ? Par une traboule tout simplement.

 

A Saint-Georges s’installent les artisans

Ici se côtoient nautes, pécheurs, potiers, et même tisserands; c’est inattendu de découvrir, impasse Turquet, leurs ateliers avec balcons de bois à l’étage. Les premiers tisseurs de soie arrivent sous François Ier et sont les acteurs de l’activité économique qui fait la richesse de la ville des siècles durant. Faute de place, ils s’installent au XIX° siècle sur les pentes de la Croix-Rousse.

Un de leurs acolytes, Mourguet, sans grands moyens financiers, choisit un autre métier; il devient arracheur de dents. Pour éviter que ses clients braillent de douleur, il crée le célèbre Guignol qui sert de gazette locale à caractère satirique. En bas de la montée du Gourguillon, le Théâtre de la Maison de Guignol accueille le public pour des moments de détente et de rire avec Guignol, Gnafron, la Madelon et le gendarme.

Juste en face, la porte de la Soierie Saint-Georges est grande ouverte; un tisseur en activité fait partager son savoir-faire en présentant son atelier et ses créations..

 

Sur la place Saint-Jean

Ici s’élève la Cathédrale Saint-Jean, « primatiale des Gaules ». Les vitraux diffusent une lumière chaude qui illumine l’édifice, mélangeant les styles roman et gothique. Construite entre le XII° et le XV° siècles, c’est le haut lieu de l’Eglise et de l’archevèché dont les pouvoirs spirituel et temporel sont indéniables au Moyen-Age. Elle est le théâtre d’évènements importants, tels que deux conciles au XIII°siècle ou le mariage d’Henri IV avec Marie de Médicis en 1600.

La maison du Chamarier délimite le quartier épiscopal. Construite dès 1165 lors de l’épiscopat de Guichard de Pontigny, elle devient la maison du Chamarier. Cette dignité de l’Eglise perçoit les taxes des foires et est responsable de l’enceinte canoniale dont elle détient les clés. Modifié au XIV° et XV° siècles, ce bâtiment marque le passage entre deux styles architecturaux :
la façade principale est un témoignage du gothique flamboyant, alors que le style renaissance est remarquable dans la cour : un puits, une fontaine, une fresque peinte, des chapiteaux sculptés ornent ce lieu où un escalier à vis dessert des galeries qui relient les bâtiments entre eux. La richesse du bâtiment dévoile la position sociale du propriétaire.

 

Entre Saint-Jean et l’église Saint-Paul s’implantent le commerce et la finance

Dès la fin du XV°siècle, de grandes foires sont octroyées à Lyon par le roi.
En 1463, suite à l’ordonnance de Louis XI, quatre foires sont créées; elles permettent l’importation et l’exportation de marchandises précieuses, telles que les soies, les épices, le vin de Bordeaux…. Le succès est immédiat : les banquiers italiens s’implantent à Lyon; la ville devient une place financière internationale.

Avant d’investir, les marchands séjournent à Lyon dans des auberges, telle que l’auberge de la Croix d’Or, actuellement dénommée Maison des Avocats et devenue le musée des miniatures et du cinéma. L’entrée débouche sur une grande cour délimitée par trois bâtiments de cinq étages; les galeries superposées, composées d’arcades toscanes, sont la marque de « l’architecture renaissance italienne » qui caractérise le Vieux-Lyon.

Finalement, toute la haute société s’installe ici et réhabilite d’anciennes maisons dans le style italien : les maisons étirées sur d’étroites parcelles perpendiculaires à la rue deviennent de véritables palais.


L’Hôtel de Gadagne
est un très bon exemple : le riche marchand-banquier florentin, Thomas de Gadagne, choisit un hôtel particulier construit au début du XVI° siècle. La porte d’entrée donne sur une vaste cour flanquée d’une galerie qui permet la circulation entre les deux corps de bâtiments. Puits, fontaines, sculptures et jardin d’agrément, situé en terrasse, sont les marques d’une maison de prestige.

Ces banquiers vivent à deux pas de la place du Change, quartier des changeurs, où se sont ancrés les marchands dès le XIII° siècle.
C’est ici qu’est construite la Loge du Change, agrandie par l’architecte Soufflot au XVIII° siècle. D’architecture noé-classique aux proportions harmonieuses, elle est composée de cinq travées régulières sur deux niveaux. En 1999, la Ville de Lyon réalise le souhait de l’architecte en rajoutant au sommet de la façade une horloge et, étonnamment, un calendrier où s’inscrivent jours, mois et années.

Un peu plus loin, rue Juiverie, se cache un nouveau joyau dans l’Hôtel Bullioud : La Galerie Philibert Delorme. Antoine Bullioud est propriétaire de deux maisons donnant sur cour. Il faut suivre une allée voutée d’ogives et traverser une première cour pour arriver dans une seconde, où le propriétaire désire établir une liaison avec la montée Saint-Barthélémy. Il choisit le jeune architecte lyonnais, Philibert Delorme, qui inove et construit une galerie sur trompes décorée de formes inspirées de l’antique : corniches, fenêtres encadrées de pilastres aux chapiteaux d’ordre ionique et de frontons.

A l’extrémité de la rue, se détache la Maison Henri IV, où sont visibles l’escalier Renaissance et des galeries à grandes arcades. L’histoire raconte que François Ier en 1515, puis Henri IV en 1600, y séjournent quelques jours.

Le parcours se termine place Saint-Paul. Après avoir découvert ce quartier renaissance, les traboules, escaliers à vis, décors sculptés, pourquoi ne pas aller se mettre les pieds sous la table dans un « bouchon lyonnais » pour déguster les spécialités régionales telles que le tablier de sapeur, le saucisson chaud ou la quenelle ?